Nos Acquis

APERCUS SUR LES ACQUIS DE TIN TUA

 

ACQUIS GENERAUX

1) Renforcement des liens sociaux

L’accessibilité, l’acceptabilité et la décentralisation des programmes et activités de Tin Tua favorisent un regain de la culture traditionnelle de solidarité sociale, aujourd’hui menacée d’extinction. Cette dynamique profite énormément aux femmes dont les relations de connaissances s’intensifient au fil du temps.

2) Renforcement de l’éveil des communautés en matière de développement

 Les programmes de Tin Tua  ont énormément contribué au processus d’éveil des communautés en matière de développement en accélérant la découverte de la problématique du développement tant social qu’économique des localités, et en étoffant le regard rationnel des communautés sur les enjeux de leur développement. Cela se traduit par l’appropriation de la philosophie et de l’action de Tin Tua tant soulignée par les deux  dernières évaluations externes (2006 et 2008).

 

3) L’autonomisation des  Diema

De 1994 à 1996, Tin Tua a favorisé la création des Diema qui sont au nombre de 17.

Le parcours des Diema se lit à travers plusieurs évolutions.

 

- Développement des capacités opérationnelles et des compétences organisationnelles et techniques dans la conduite des activités de Vie Associative et de Gestion Administrative et Financière :  Avec la stratégie de transfert des compétences engagée par Tin Tua depuis 1994 et le principe d’action reposant sur la Participation, la Responsabilisation et l’Appropriation, les Diema ont progressivement forgé et consolidé leurs capacités et leurs compétences qui font d’eux des structures paysannes détentrices des qualités techniques que requiert le développement local durable et des opérateurs confirmés du Fonds pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle (FONAENF).

- Renforcement  des ressources financières et matérielles : Partis presque du néant, les Diema se sont progressivement  constitué des ressources financières et matérielles leur permettant d’assurer leur fonctionnement.

- Diversification des domaines d’intervention : Partis de l’alphabétisation fonctionnelle en langues nationales, les Diema exécutent des programmes d’éducation bilingue langues nationales- français (CBN et ECB) sur la base de la « méthode Tin Tua d’enseignement- apprentissage du français, langue seconde », des programmes de formation en culture Scientifique et Technique (CST), des programmes spécifiques de lutte contre la pauvreté (agriculture, élevage, maraîcheculture, BCV, GMV, AGR)  et des programmes de décentralisation en contexte de développement local (Vie associative).

- Accroissement du nombre des groupements : Le dynamisme imprimé sur le terrain par les Diema  a eu pour effet de favoriser l’accroissement du nombre de leurs groupements villageois partenaires. De nos jours, les Diema ont investi tous les espaces sociaux de la région de l’Est du Burkina et des zones à la lisière de ladite région.

- Institution sociale des Diema : Les efforts déployés par les acteurs des Diema et des groupements villageois, et par le Siège de Tin Tua et les Partenaires Techniques et Financiers ont fait des Diema des structures paysannes ayant une énorme et solide base communautaire et  revendiquées par les communautés de la région de l’Est, pour le moins.

 

Les Diema qui sont devenues des structures autonomes sont perçus par les communautés de la région de l’Est du pays comme « un programme communautaire qui crée l’espoir au sein de populations luttant pour leur bien-être ».   Ils ont créé leur Fédération en août 2008.

ACQUIS EN  ALPHABETISATION ET EDUCATION NON FORMELLE

L’expérience de Tin Tua en alphabétisation a commencé depuis 1989. Au fil du temps, Tin Tua s’est  forgé une expertise confirmée et reconnue au plan national et sous-régional (Sénégal, Mali, Niger, Togo, Bénin).

 

En Education de Base, la diversification de l’offre éducative pour répondre à la demande des communautés en matière d’éducation a nécessité l’ouverture de centres d’alphabétisation mais aussi de centres d’apprentissage du français fondamental fonctionnel et d’initiation aux métiers. Ainsi, Tin Tua conduit un programme qui prend en compte toutes les tranches d’âge de la population à éduquer/former et toutes les langues parlées dans sa zone d’intervention (gulimancema, fulfuldé, mooré, jula, hausa, zarma/sonraï, haoussa, français).

 

¨      Tin Tua  participe à elle seule pour 12,5 % à l’effort global d’alphabétisation du pays (1150 centres Tin Tua  sur 9385 à niveau national – chiffres de 2003-2004).  Depuis 1995, Tin Tua ouvre chaque année entre 1000 et 1350 centres d’alphabétisation dans plusieurs langues nationales.

 

Campagne

Statistiques en Alphabétisation (niveaux 1 et 2)

 

Inscrits

Evalués

Admis

% Evalués

% Admis

 

H

F

T

H

F

T

H

F

T

H

F

T

H

F

T

1995-96

13 754

8 507

22 261

10 593

6 886

17 479

8 122

4 535

12 657

77,02

80,95

78,52

76,67

65,9

72,4

1996-97

14 079

8 917

22 996

10 653

6 968

17 621

8 500

5 046

13 546

75,7

78,1

76,6

79,8

72,4

76,9

1997-98

12 487

9 822

22 309

9 907

8 272

18 179

7 838

6 216

14 054

79,3

84,2

81,5

79,1

75,1

77,3

1998-99

12 692

12 555

25247

10 852

11 011

21863

8 643

8 456

17099

85,5

87,7

86,6

79,6

76,8

78,2

1999-00

12 949

13 314

26 263

11 117

12 099

23 216

7 163

6 708

13 871

85,9

90,9

88,4

64,4

55,4

59,7

2000-01

15 517

16 322

31 839

13 971

14 978

28 949

9 748

9 204

18 952

90

91,8

90,9

69,8

61,5

65,5

2001-02

11 595

14 374

25 969

9 939

12 922

22 861

7 540

8 558

16 098

85,7

89,9

88

75,9

66,2

70,4

2002-03

14 175

17 312

31 487

11 471

15 137

26 608

8 995

10 648

19 643

80,9

87,4

84,5

78,4

70,3

73,8

2003-04

14 926

18 748

33 676

13 111

17 070

30 181

10 543

13 313

23 856

87,8

91,1

89,6

80,4

78

79

2004-05

16 752

19 143

35 895

14 482

17 807

32 289

12 735

15 202

27 937

86,5

93

90

87,9

85,4

86,5

2005-06

17 062

21 607

38 669

14 691

19 972

34 663

13 034

17 363

30 397

86,1

92,4

89,6

88,7

86,9

87,7

2006-07

12064

15354

27418

10705

14527

25232

9821

13364

23185

88,7

94,6

92,0

91,7

92,0

91,9

2007- 08

17668

23532

41200

16595

22617

39212

15946

21680

37626

93,9

96,1

95,2

96,1

95,9

96,0

 

 

 

Les Tendances

 

         Les femmes représentent en moyenne 54% des effectifs depuis 2000.

          Malgré toutes les contraintes, les taux de déperdition (abandons et échecs) ne cessent de diminuer d’année en année aussi bien pour les femmes que pour les hommes

         Tendances au niveau de la fréquentation des centres: Les femmes sont plus assidues aux activités d’apprentissage que les hommes. En outre, au fil du temps, les taux d’abandons régressent constamment : en 2007, le taux d’abandon H+F était de 7,97% avec  11,26% pour les hommes et 5,39% pour les femmes ; en 2008, le taux d’abandon H+F était de 4,83% avec  6,07% pour les hommes et 3,89% pour les femmes.

         Tendance au niveau des apprentissages: Malgré les obstacles, les femmes progressent continuellement dans l’apprentissage. Les rapports de niveaux Femmes/Hommes montrent maintenant des égalités de compétences depuis 2007. Alors qu’en 2005 on notait chez les femmes: 84,5 % de taux de succès en première année et 87,2 en deuxième année contre respectivement 86,7 % et 90,2% chez les hommes. La croissance des effectifs des femmes va de pair avec l’amélioration de leurs performances.

 

¨      Le développement d’un programme d’alphabétisation qui a servi de source d’inspiration à l’élaboration de la nouvelle méthode d’alphabétisation du Burkina Faso aujourd’hui en expérimentation.

 

¨      Au niveau de l’enseignement bilingue, c’est la méthode de Tin Tua qui a été choisie pour être pratiquée dans les écoles satellites (ES) de l’Etat. Une convention lie à ce sujet le MEBA- UNICEF et l’ATT. Jusqu’à ce jour tous les guides et les manuels d’enseignement du français langue seconde sont conçus en collaboration avec Tin Tua, l’INA et l’Institut Pédagogique du Burkina (IPB).

 

-         Les CBN1 qui permettent à des enfants en âge scolaire de suivre une éducation bilingue ont été cédés à l’Etat en 2007 à cause de leurs performances.

 

Evolution des effectifs des CBN (écoles bilingues) de 2003 à 2007

 

Années

Inscrits

 

 

H

F

T

CBN2 J

2003-2004

163

113

276

 

2004-2005

225

155

380

 

2005-2006

255

149

404

 

2006-2007

268

148

416

 

2007-2008

349

221

570

CBN2 A

2003-2004

751

291

1042

 

2004-2005

843

256

1099

 

2005-2006

907

253

1160

 

2006-2007

1018

264

1282

 

2007-2008

1525

501

2026

 

- L’adaptation de la formation aux réalités des apprenants et des communautés explique l’évolution quantitative des CBN.

- L’extension géographique des CBN (85 en 2008) ne permet pas encore de raccourcir la distance entre les centres et les domiciles des apprenants. Cela ne favorise pas une participation égalitaire Femmes/Hommes.

 


Evolution des résultats au CEP par type de CBN de 1999 à 2008

CBN

 

Inscrits

Présentés

Admis

Pourcentage

 

 

F

H

T

F

H

T

F

H

T

F

H

T

CBN2A

1999

10

10

20

10

10

20

10

10

20

100,0

100,0

100,0

2000

8

12

20

8

12

20

6

9

15

75,0

75,0

75,0

2002

8

50

58

8

50

58

6

49

55

75,0

98,0

94,8

2003

7

30

37

7

29

36

7

29

36

100,0

100,0

100,0

2006

46

184

230

43

179

222

33

174

207

76,7

97,2

93,2

2007

63

288

351

58

266

324

39

205

244

67,2

77,1

75,3

2008

9

104

113

9

95

104

8

67

75

88,9

70,5

72,1

CBN2J

2003

33

56

89

30

51

81

26

50

76

86,7

98,0

93,8

2007

101

146

247

98

143

241

84

142

226

85,7

99,3

93,8

2008

52

69

121

50

69

119

38

65

103

76,0

94,2

86,6

 

 

- Il est vrai que les taux nationaux de réussite au CEP sont en baisse depuis 2007, mais les scores de succès les moins élevés sont dus à une crise de formateurs que Tin Tua gère depuis quelques années. En effet, les formateurs des CBN réussissent chaque année en masse au concours national d’intégration à la fonction publique et deviennent des enseignants de l’Etat. Tin Tua évolue dans une situation de recrutements continus de formateurs, ce qui est préjudiciable à la pratique des approches didactiques bilingues développées par la structure ; même si par ailleurs le petit rôle de pourvoyeur d’enseignants d’éducation bilingue à l’Etat que joue Tin Tua fait plaisir.

- Les résultats des CBN au CEP suivent la tendance nationale, souvent avec des écarts positifs.

 

¨      Tin Tua est la principale organisation de la société civile sollicitée par le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA) pour les questions d’alphabétisation et d’éducation non formelle.

 

¨      L’appui aux plans technique et organisationnel des opérateurs en alphabétisation  du pays pour la conception et la mise en œuvre de leurs programmes, à la demande de ces opérateurs ou dans le cadre de projets.

 

¨      Tin Tua est chargée par le Fonds Pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle (FONAENF) de la formation en Alphabétisation et Education Non Formelle (AENF) des services déconcentrés du MEBA et des opérateurs en AENF des régions du Centre- Est, de l’Est et du Sahel.

 

¨      Hors du Burkina, Tin Tua a été et est chargée du renforcement des capacités techniques et organisationnelles de certaines structures de pays voisins (notamment CDD/TOGO, Structures de la région du Borgou Bénin).

La participation de Tin Tua à l’effort global d’alphabétisation et d’éducation non formelle du Burkina Faso a son importance. L’observation permanente du programme d’éducation de Tin Tua avec le concept du droit à l’éducation ressort que tous les indicateurs les plus pertinents sont toujours au vert.

ACQUIS AU NIVEAU DES FEMMES

En vigueur depuis sa création, les stratégies de genre de Tin Tua se sont consolidées au fil du temps. De nos jours, elles constituent un paradigme fourni qui donne des résultats. Concernant la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, on peut  citer les acquis suivants :

v     Sensibilisation progressive des communautés au genre ;

v     Accès des femmes à l’éducation et à la formation continue (formations techniques spécifiques, littérature en langue, les bibliothèques- librairies) avec  équité dans l’accès ;

v     Equité dans le recrutement des agents d’alphabétisation ;

v     Participation des femmes à la mise en place des stratégies d’action au niveau des Diema et des GV/OP;

v     Participation de plus en plus importante des femmes dans les activités de développement de la communauté  et aux rencontres et réunions;

v     Progression de la position des femmes dans les bureaux des Diema et des GV/OP et progression dans des femmes les décisions ;

v     Augmentation numérique des GV/OP féminins ;

v     Accès des femmes aux crédits avec équité dans l’accès ;

v     Appropriation des AGR.

v     Participation des femmes à la lutte contre les mariages forcés et l’excision ;

 

 

Ainsi la contribution de l’Association à la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes est pertinente. Grâce aux efforts de l’Association, les femmes s’intéressent aujourd’hui beaucoup plus aux questions de développement qu’à leur rôle classique. On assiste à une plus grande manifestation de l’intérêt des femmes pour les activités jugées masculines. Ainsi, leur participation est pleine et entière dans toutes les activités qui les interpellent. Elles sont des travailleurs, mais pas des « travailleurs des pauvres ».

ACQUIS AU NIVEAU DES JEUNES

Tin Tua a une politique de promotion des Jeunes en milieu rural  qui utilise les stratégies spécifiques suivantes :

 

·            Renforcement des capacités techniques par :

 

L’alphabétisation et la formation continue (sessions de formations spécifiques sur les fléaux sociaux et les thématiques de développement, théâtre, littérature en langue, les bibliothèques- librairies, les cyber Jeunes)

 

·            Renforcement des capacités organisationnelles par :

 

La mise en place des cellules Jeunes dans les Diema

L’organisation régulière des camps d’échanges et de partages d’expériences entre Jeunes

 

·            Appui à l’insertion socioprofessionnelle des sortants des CBN dans leur milieu par :

 

L’accompagnement technique et parfois financier des projets individuels les plus porteurs ou innovateurs

 

·            Promotion du leadership féminin par :

 

La mise en œuvre d’AGR par des filles et jeunes femmes

 

- Il existe aujourd’hui des milliers de jeunes qui utilisent les acquis de l’alphabétisation pour faire de  l’agriculture moderne, l’élevage moderne, la mécanique, la menuiserie, la couture, le tissage, la coiffure homme et dame, la fabrication des marmites de fonte… dans leurs villages.

 

- La plupart de ces jeunes formés occupent des postes de responsabilités au niveau des Diema, des GV/OP ou du village (formateurs des agents d’alphabétisation, président de Diema, secrétaire comptable, animateur de Diema, président de groupement, correspondants de presse, conseiller municipal, maire ou premier adjoint au maire…). 

- Plus de 60% des conseillers ou premiers adjoints aux maires des communes rurales de la région de l’Est du Burkina sont des jeunes issus des centres de formation de Tin Tua.

 

La politique de promotion des Jeunes crée progressivement des espaces d’action aux Jeunes pour leur autopromotion mais aussi pour accompagner   le processus de développement local.